Biographie

Curriculum vitæ

Alix Lepienne est une photographe dont la quête est celle des origines, celle de l’identité multiple en tentative de réunification.

Qu’elle capture des instants sur le vif ou bien qu’elle propose des tableaux construits, il y a toujours une fragilité née de ce besoin d’un retour à une douceur perdue, à un pardon peut-être. Transparaît alors, que ce soit par la convocation du sacré, du merveilleux ou du carnavalesque, cette recherche d’un ailleurs comme rédempteur, comme pansement.

Une douce gorgone, une déesse violente semble être tapie dans le creux de ses images, racontant l’histoire d’un monde qui ne peut se passer de surnaturel. Les corps, le plus souvent féminins, se racontent, tour à tour stigmatisés ou éthérés, mélancoliques. Ils portent sur eux la violence qu’il leur en a coûté pour parvenir à l’apaisement. Leur univers est trop grand, trop vaste, trop métaphorique pour ne pas convoquer avec eux une Pythie, une Cassandre, une Ophélia…

Il faut toutefois accepter de plonger dans ces histoires sans conteur, accepter cette mise à nu forte et pudique.

Touche à tout moderne, aussi à l’aise en pellicule qu’en numérique, Alix cherche en permanence de nouvelles manières de nous faire approcher cette mythologie tant universelle que personnelle. Ses années plus consacrées au cinéma lui ont laissées le goût de la fiction, fiction qu’elle embarque avec elle jusque dans ses travaux documentaires. Là encore, c’est son humanité qui va au-devant de celle de l’autre, l’autre comme sujet, l’autre comme spectateur.